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Le printemps des médias libyens

20.03.2012 par Mickael Lecarpentier
Le printemps des médias libyens

Privés de liberté d’expression pendant quarante-deux ans, les médias libyens prolifèrent désormais. Mais la rigueur de l’information n’est pas encore au rendez-vous.

[image:1,l]Ces jours-ci, pas moins de vingt journaux différents se partagent l’espace disponible dans les kiosques libyens. Dossiers traitant de l’héroïsme sur les champs de bataille, images de célébrations dans les rues et tant d’autres sujets concernant le soulèvement libyen continuent de faire la une, près de quatre mois après la fin de la révolution.

Privés de la liberté d’expression pendant quarante-deux ans, les Libyens ont saisi l’opportunité de publier et de diffuser l’information avec énergie et enthousiasme, si bien que des centaines de journaux, encore plus de sites Web ainsi que des émissions de télévision et de radio ont vu le jour à partir de rien.

Un amateurisme marqué

Mais cette révolution de l’information n’est pas sans poser quelques problèmes : la formation et la gestion leur font défaut. Le manque d’expérience des médias libyens et l’absence de fondations sur lesquelles s’appuyer les mettent en difficulté.

« Les reportages télévisés sont confus, les images floues et la présentation est celle d’un amateur », a déclaré Jamal Dajani, vice-président régional pour Internews, une organisation internationale de développement des médias. « Il n’y a pas de normes de présentation. Les reportages et les nouvelles sont mélangés comme un cocktail. »

Les révolutionnaires au centre des médias

Alors que la censure gouvernementale est quasi-absente dans le nouveau système, Internews s’est inquiété de « l’autocensure » et de la « pression du public » poussant à mettre de côté les informations pouvant être considérées comment « antirévolutionnaires ».

Il y a un an, les kiosques ne proposaient que six journaux gérés par le gouvernement. La télévision et la radio étaient également contrôlées par l’Etat et l’actualité internationale était soumise à une forte censure. Pour Dajani, ce système du « one-man-media » était destiné à promouvoir l’ancien dirigeant Mouammar Kadhafi et sa famille.

La demande de médias libres et équitables était au centre du soulèvement lorsque celui-ci commença à gagner les rues de Tripoli. Et sans surprise, ceux qui ont germé dans les territoires rebelles ont pris l’identité de la révolution, mettant en avant les hommes dévoués à la cause révolutionnaire.

La neutralité tant espérée n’est pas au rendez-vous

Alors que le nouveau gouvernement et la nouvelle Constitution commençaient à prendre forme, les médias libyens n’ont pas acquis cette neutralité tant espérée. 

« Nous comptons sur les médias indépendants pour être des moyens de pression, des garants de la démocratie du pays », a confié Hassan Alamin, un défenseur des droits de l’homme et l’un des journalistes les plus appréciés de Lybie. « Des médias forts jouent un grand rôle dans la protection contre la corruption et appuient la transition vers une démocratie réelle », a-t-il ajouté, admettant que cela prendrait du temps et des efforts de professionnaliser les médias libyens.

Des médias en transition

« Tout le monde veut dire quelque chose, mais la quantité n’est pas égale à la qualité », a déclaré le journaliste libyen. « L’opération dans son ensemble est gérée de manière sauvage. Elle est hors de contrôle, mais il est trop tôt pour rendre un jugement. »

Alamin reste persuadé qu’un « filtrage naturel » va commencer à se mettre en place. La présence de nombreux médias concurrents va pousser les rédactions à améliorer la qualité du contenu et « dans six mois, nous allons voir des médias très différents émerger ».

Mais malgré son optimisme, les journalistes libyens reconstruisent l’espace médiatique sur des bases minces et fragiles. La répression de l’ancien régime a laissé peu de chance aux journalistes d’acquérir les compétences nécessaires. Même les professionnels manquent de formation.

Comme Dajani l’a souligné, les journalistes formés ont été muselés et paralysés pendant les quatre dernières décennies et ont de ce fait perdu toute crédibilité auprès de la nouvelle génération. Le nouveau paysage médiatique est apparu en grande partie grâce aux efforts d’amateurs non qualifiés, mais enthousiastes.

« Avant, on ne pouvait écrire que ce qu’ils nous disaient d’écrire. La différence aujourd’hui est tellement énorme, vous n’avez pas idée », a rappelé Seham Alsahali, journaliste à Misrata pendant les quatre dernières années, qui profite de sa nouvelle liberté pour écrire sur les droits des femmes. « J’aurai pu être exécuté juste pour avoir pensé écrire sur ce sujet dans le passé. »

Une nouvelle génération motivée

Shaheen Ahmed Alsugmarny, 24 ans, fait partie des premiers diplômés en journalisme à sortir de l’université de Misrata depuis que la révolution a éclaté. Dès les premiers jours du soulèvement, son oncle a été menacé et battu comme des dizaines d’autres rebelles captifs afin de donner un faux témoignage à la télévision d’Etat. Avec les coups et les menaces faites à sa famille, le gouvernement l’a forcé à dévoiler de fausses informations concernant des troupes américaines et des gangs étrangers faisant régner la terreur à Misrata.

« Maintenant, nous avons gagné notre liberté et la chance de dire la vérité », a déclaré le jeune journaliste. « C’est notre chance de faire nos marques au niveau international et de construire quelque chose de grand comme Al Jazeera. »

Et pour Dajani, cette grandeur internationale dépendra principalement du développement de lois sur les médias et les licences. Jusqu’à présent, les choses ont évolué ad hoc, dans un but précis, mais pour lui, la Libye a besoin de s’appuyer sur l’expérience internationale afin d’élaborer des lois qui vont au-delà de la censure pour protéger les médias et les journalistes, plutôt que le gouvernement.

« Nous avons besoin que des journalistes et des personnes qui se soucient des médias s’assoient autour d’une table, plutôt que des juges et des représentants du gouvernement, afin que les négociations puissent commencer maintenant. Il y a toujours un risque en période de transition. Il y a toujours la menace d’un contrôle du gouvernement. Il y aura toujours des surprises. Il faut de la formation, car il serait désastreux d’arriver en période électorale sans des médias sûrs et organisés. » 

GlobalPost/Adaptation Antoine Le Lay pour JOL Press

Mickael Lecarpentier


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