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25 ans après les accords de Matignon, Ayrault en Nouvelle-Calédonie

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25 ans après l’accord de Matignon qui avait ramené la paix en Nouvelle-Calédonie, Jean-Marc Ayrault se rend cette semaine sur l’archipel pour faire le bilan de ces années passées. Le Premier ministre assistera, notamment, à une coulée de nickel de l’usine du Nord. Une occasion de s’intéresser à la question du rééquilibrage économique entre les provinces. Il se rendra également sur l’île d’Ouvéa, théâtre en 1988 d’une célèbre tuerie fruit des tensions d’alors entre indépendantistes kanaks et loyalistes pro-français.

Mais que s’est-il donc passé en Nouvelle-Calédonie ?

Un peu d’histoire…

En 1984, le FLNKS – Front de libération nationale kanak et socialiste – décide de boycotter les élections territoriales, de dresser des barrages sur les routes calédoniennes et de mettre en place un « gouvernement provisoire de Kanaky » présidé par Jean-Marie Tjibaou, pour préparer l’IKS, l’indépendance kanak socialiste. Des affrontements entre partisans et opposants de l’indépendance éclatent : c’est le début de quatre années de presque guerre, un conflit politico-ethnique d’une grande violence, connu aujourd’hui sous le nom des « Evènements » (1984-1988).

Le 5 mai 1988, l’armée donne l’assaut à une grotte d’Ouvéa où des Kanaks retenaient en otage 27 gendarmes. L’opération se solde par la mort de 19 indépendantistes, quatre gendarmes et deux parachutistes. Dans ce contexte de très grande crispations, Michel Rocard, tout juste nommé Premier ministre par un François Mitterrand réélu pour un second mandat à la tête de l’Etat, réunit à Paris, les délégations du FLNKS et du RPCR – Rassemblement pour la Calédonie dans la République – conduites par Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur. Et le 26 juin 1988, après de longues heures de négociations à Matignon, un accord est trouvé pour ramener la paix en Nouvelle-Calédonie.

« Consolidation de la paix civile »

« C’est la consolidation de la paix civile. On commence à s’habituer à cette tranquillité en Nouvelle-Calédonie », commente aujourd’hui Michel Rocard, pour Francetv Outre-mer. « La paix a tenu, ce qui était loin d’être sûr à l’époque. Le destin de la Nouvelle-Calédonie s’est éclairci ce jour-là, le 26 juin 1988. Mais c’est avant tout, un accord conclu entre Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur. Je n’étais pas beaucoup plus qu’un médiateur mais je tenais le plume ! »

Afin de souligner l’importance de ces accords, Jean-Marc Ayrault effectuera une visite du centre culturel Tjibaou, créé dans le cadre des accords de Matignon afin de valoriser le patrimoine archéologique et linguistique kanak, d’encourager les formes contemporaines d’expression de la culture Kanak, en particulier dans les domaines artisanal, audiovisuel et artistique, de promouvoir les échanges culturels, notamment dans la région Pacifique Sud et de définir et conduire des programmes de recherche.

Sortie de l’accord de Nouméa

Lors de son passage au Congrès de la Nouvelle-Calédonie, le Premier ministre devrait, par ailleurs, s’exprimer sur la sortie de l’accord de Nouméa. L’accord de Nouméa est un accord qui prévoit le transfert de certaines compétences de la France vers la Nouvelle-Calédonie dans de nombreux domaines à l’exception de ceux de la défense, de la sécurité, de la justice et de la monnaie. Négocié à la suite des accords de Matignon, l’accord a été signé le 5 mai 1998 à Nouméa sous l’égide de Lionel Jospin.

Or le 23 juillet le Sénat a adopté à l’unanimité un projet de loi organique actualisant le statut de la Nouvelle-Calédonie pour lui permettra notamment de créer des autorités administratives indépendantes. « Alors que nous arrivons au terme de l’accord de Nouméa, nous avons l’ardente obligation de travailler dans un esprit de dialogue et de consensus », a souligné pour l’UMP Pierre Frogier, qui avait fait partie des signataires de l’accord. L’accord prévoyait en effet qu’un scrutin d’autodétermination pour la Nouvelle-Calédonie serait organisé à l’issue de cette démarche entre 2014 et 2018.

La Nouvelle-Calédonie doit définir ses relations avec la France par référendum d’ici 2019. « L’Etat est impartial et neutre et respecte l’esprit et la lettre de l’accord de Nouméa », avait déclaré le Premier ministre en décembre dernier à l’issue d’une réunion du Comité des signataires de l’accord de Nouméa.

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