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Pourquoi tout homme politique aspire à devenir un jour ministre

19.02.2014 par La Rédaction

Alors que courent des rumeurs de remaniement, Jean-Michel Djian s’est intéressé, dans son livre « Ministre ou rien – Confidences et règlements de comptes au sommet de l’Etat » (Flammarion- janvier 2014), à l’exercice quotidien du pouvoir mais aussi à la profondeur de la crise que traverse le « métier » politique d’aujourd’hui. Entretien.

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Depuis la naissance de la Ve République en 1958, 589 hommes et femmes ont eu le privilège d’occuper la fonction prestigieuse de ministre. Mais que sait-on, au fond, de cette responsabilité publique si particulière ? Vingt et un d’entre eux ont accepté de se confier à Jean-Michel Djian et d’évoquer le contexte de leurs nominations, démissions ou évictions, les joies comme les souffrances de cette expérience. Entretien.

JOL Press : Ministre aujourd’hui, est-ce un emploi précaire ?

Jean-Michel Djian : Oui, cela va de soi. Etre ministre, c’est un être en contrat à durée déterminée. A part trois ou quatre ministres qui, dans la Ve République, on tenu dix ans, à l’instar de Jack Lang, la moyenne d’un mandat de ministre, quand on cumule sur les 589 ministres qui ont exercé un pouvoir, est autour de cinq mois.

JOL Press : Dans ce contexte, pour quelles raisons les hommes politiques ambitionnent tous de devenir un jour ministre ?

Jean-Michel Djian : C’est tout le mystère et c’est la raison pour laquelle j’ai choisi d’écrire ce livre. Aujourd’hui je ne crois toujours pas avoir réussi à résoudre l’énigme. Ce que je sais c’est que la fonction de ministre continue d’exercer un prestige pour la simple raison que cette fonction fait partie de ce qu’on appelle le pouvoir. Le pouvoir est exercé par un exécutif, composé d’un président et d’un Premier ministre, mais surtout par un collectif de personnages qui existent depuis plusieurs siècles. Les ministres ont la responsabilité de tout un pan de la vie politique de la France, à travers un secteur d’activité qui est très facilement identifié : les Transports, l’Education,  la Culture, les Finances…

[image:2,s]Sur un ministre repose la plus grande responsabilité que peut exercer un homme ou une femme dans la vie politique. Quand on est un élu local, quand on fait carrière en politique, on a, consciemment ou inconsciemment, une seule ambition, celle de devenir ministre.

JOL Press : En parallèle, vous expliquez que la fonction est de plus en plus désacralisée…

Jean-Michel Djian : La concentration extrême du pouvoir sur le président de la République amenuise celui du ministre. S’ajoute à cela les médias aux aguets pour débusquer le moindre faux pas. Le ministre n’est plus protégé par une souveraineté. On vérifie si le ministre fait bien son travail, on attend des résultats qui ne viennent pas et on discrédite, de fait, la fonction. Mais paradoxalement, le prestige de la fonction continue d’exister. Quand on voit d’anciens Premiers ministres comme Laurent Fabius ou Alain Juppé accepter de redevenir de simples ministres, on se rend compte que la fonction demeure prestigieuse.

Depuis la mise en place du quinquennat, la fonction s’est désacralisée parce que le pouvoir s’est resserré autour du chef de l’Etat. Nous sommes dans une monarchie contrariée parce que notre République est totalement centrée sur l’Elysée.

JOL Press : Comment se fait le casting ministériel ?

Jean-Michel Djian : A peine un tiers des ministres savent qu’ils vont devenir ministre trois jours après la sollicitation du président de la République. La plupart l’apprend au dernier moment. Certains sauront à l’avance qu’ils entreront au gouvernement mais ils découvrent leur portefeuille plus tard. Mais il faut savoir que la composition d’un gouvernement se fait dans le bureau du Secrétaire général de l’Elysée ou dans celui du Président avec deux ou trois personnes. Il s’agit de mettre en œuvre un équilibre du pouvoir où le dosage des énergies partisanes, le contexte ambiant, la médiatisation des ministres comptent autant que la compétence-même des ministres.

On a vu très fréquemment, dans l’histoire de la Ve République, des ministres, a priori totalement incompétents dans le secteur qu’on leur confie, prendre les responsabilités de ces secteurs et apparaître finalement à la hauteur. A l’inverse, on a vu des médecins devenir ministres de la Santé et se retrouver très mauvais ministres. Lors d’un casting ministériel, la politique domine dans le sens le plus classique du terme. Il faut un sens politique inné pour entrer dans un gouvernement.

Un poste de ministre ne se refuse pas mais ne se demande pas non plus : il suffit de dire qu’on veut être ministre pour ne pas l’être. Dans la Ve République, c’est le président qui décide de tout.

JOL Press : Existe-t-il une spécificité du ministre français vis-à-vis de ses homologues européens ?

Jean-Michel Djian : La plupart des autres pays d’Europe ont des gouvernements qui se calent sur les mandats législatifs. On élit des députes, on met un gouvernement en place et généralement les ministres restent le temps d’un mandat. En France, on gère les gouvernements à côté du pouvoir législatif, en fonction des crises et des contextes. Selon l’Opinion, François Hollande pourrait être contraint de changer de Premier ministre avant les élections municipales des 23 et 30 mars prochains. Le Président se servirait alors du remaniement pour éviter une déroute aux municipales. Ces décisions sont très rares dans le reste de l’Europe.

Propos recueillis par Marine Tertrais pour JOL Press

Jean-Michel Djian est docteur en sciences politiques. Journaliste et universitaire, auteur de plusieurs ouvrages et documentaires, il est aujourd’hui producteur à France Culture et rédacteur en chef de France Culture Papiers.

La Rédaction


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