Le réalisateur suisse Ian Purnell fait ses débuts avec un film intrigant, qui est présenté dans la compétition principale du festival de documentaires CPH:DOX.
Le documentaire « Arctic Link » de Ian Purnell est une expérience déconcertante. À première vue, il s’agit d’un film sur l’arrivée de l’internet sur une île isolée au large de l’Alaska, des décennies après qu’il ait envahi le reste du monde. Cependant, le film consacre trop de temps à la fabrication et au transport des câbles en fibre optique, et trop peu à la vie des habitants de l’île. Une partie du film se déroule également à bord d’un navire dérivant lentement sur l’océan pour livrer ces câbles. Bien que les prises de vue soient de qualité, avec de longs plans aériens de la nature, le récit manque de cohérence et n’illustre pas vraiment les effets de la technologie sur notre monde contemporain.
Purnell débute son enquête en se demandant à quoi ressemblerait internet s’il était une créature vivante. Les réponses, provenant de personnes de divers âges et expériences, varient entre « effrayante », « serpent » et « vide infini ». Il y a une dissonance fascinante entre la narration calme et les images de navires transportant des câbles et les plongeant dans l’océan pour que l’internet atteigne l’île. Ensuite, Purnell fait intervenir quelques habitants de l’île pour discuter de la manière dont internet pourrait transformer leur existence.
Cependant, Purnell peine à donner vie à ces interviews. Nous entendons d’abord des voix sur des plans de la nature, avant que les personnes n’apparaissent à l’écran. Il n’y a pas de lien entre ces deux états, et il semble que Purnell cherche à éviter le procédé classique des documentaires avec des interviews en tête-à-tête. Malheureusement, sa méthode alternative ne rend pas ces confessions captivantes, et les propos des interviewés sont souvent assez généraux : ils parlent principalement de la connexion plus rapide avec leur famille et leurs amis éloignés, ainsi que des parents espérant que l’internet aidera à éduquer leurs enfants, tout en étant conscients des intrusions que cela pourrait engendrer.
Populaire sur Revue Internationale
Au fil du film, on ressent une vision étrangement pessimiste de l’internet. Cela peut sembler approprié dans notre époque anxiogène, mais cela ne rend pas le visionnage agréable. La thèse ou le point de vue de Purnell sur son film reste flou. En général, si un documentaire pose toutes les bonnes questions, l’audience peut tirer ses propres conclusions sur le sujet. Toutefois, en 2026, pourquoi aborder les effets de la technologie sur le monde moderne de cette manière ? Étant donné qu’il n’y a pas de retour en arrière possible avec la domination de l’internet dans nos vies, « Arctic Link » semble arriver au moins trois décennies trop tard. Bien sûr, il y a des histoires à raconter sur les effets de la technologie, mais celle que Purnell choisit de raconter — ou d’éviter de raconter — n’est pas particulièrement captivante.
Une abondance d’images montrant la fabrication de câbles et leur chargement sur les navires est accompagnée de plans d’eau et de vie naturelle. C’est comme regarder de la peinture sécher ou, pour décrire un plan précis du film, un lent filet d’huile crémeuse. La bande sonore, avec sa musique atmosphérique, renforce l’ambiance sombre et pessimiste du récit. « Arctic Link » prend brièvement vie lorsque Purnell emmène sa caméra à bord du navire. Là, on voit l’équipage philippin tentant de passer le temps à bord, que ce soit en jouant aux cartes, en passant des appels à leur famille restée au pays, ou en formant un groupe de musique pour apporter un peu de divertissement.
S’il avait seulement trouvé un moyen d’amuser aussi le public. Finalement, « Arctic Link » reste aussi dérivant que le navire qu’il observe patiemment. Avec une durée beaucoup plus ressentie que ses 84 minutes, le film ne parvient jamais à trouver un rythme ou une raison justifiant son existence, tandis que même ses interludes magnifiquement filmés ne constituent que quelques images saisissantes éparpillées sur une toile autrement monotone. Ce qui aurait pu être une méditation convaincante sur l’isolement, la technologie et la connexion se dissipe plutôt en une série d’images inertes et d’idées inachevées, laissant le public dans le même limbo que le film lui-même.
Articles similaires
- Combat contre le sabotage russe : la Finlande arraisonne un cargo en Mer Baltique !
- À 63 ans, elle investit une fortune pour voyager autour du monde sans quitter sa maison!
- Critique du film « Nirvanna the Band the Show »: Le coup de génie temporel de Matt Johnson réussit!
- Découvrez le Titanic: une visite de l’épave à petit prix, voici comment!
- Nouveaux Visages de l’Europe : Un Portrait Intime du Déplacement et de l’Immigration

Marc Lefebvre est un économiste et journaliste, expert en macroéconomie et marchés financiers mondiaux.