Avec un esprit acéré et guidé par les talentueuses nouvelles venues Marni Duggan et Galaxie Clear, « Géographie Extra » trouve un mélange d’humour et de tendresse au cœur de l’angoisse féminine et de l’innocence juvénile.
L’amitié entre filles exige souvent quelque chose de plus extra. Comme l’a rappelé ce célèbre monologue de America Ferrera dans « Barbie », il est difficile d’être une femme — ou, dans le cas des deux personnages décalés de « Géographie Extra », de traverser cette période transitoire et tout aussi contradictoire qu’est l’adolescence. En plus des fardeaux hérités à la naissance, comment jongler entre les études, les drames entre pairs, les mystères de sa sexualité naissante et le monde incompréhensible des garçons tout en restant fidèle à ses amitiés et en étant en accord avec soi-même ? D’ailleurs, as-tu déjà découvert qui tu es vraiment ?
Inspiré du récit onirique de Rose Tremain datant de 2007, « Géographie Extra » représente le premier long métrage de Molly Manners, adapté par Miriam Battye, scénariste de « Succession ». Ce film navigue avec brio dans les eaux tumultueuses de la quête d’identité, avec une prose à la fois mordante, intemporelle et hilarante, faisant ressentir à cette génération X qu’il comble un vide cinématographique de son adolescence, tout comme d’autres films similaires à « Ghost World ». En effet, le début du 21e siècle a été généreux en films traitant des amitiés féminines, « Géographie Extra » rejoignant les rangs des œuvres instantanément mémorables comme « Lady Bird », « Booksmart » et « Frances Ha ».
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Cependant, le ton et l’esthétique résolument britanniques de Manners et Battye dans « Géographie Extra » explorent un territoire inédit, semblable à un roman contemporain de Jane Austen se déroulant dans une école anglaise. Stylistiquement en accord avec le récit nostalgique de Tremain, le film est ancré dans les douleurs palpables de la jeunesse, tout en flottant légèrement au-dessus des réalités quotidiennes comme une fantaisie espiègle. Au centre de l’histoire se trouvent le duo attachant, mais bourru, Flic et Minna, interprétées avec précision et humour par les nouvelles venues Marni Duggan et Galaxie Clear. Accompagnées d’une variété de morceaux musicaux — allant de quelques notes de Boccherini à « Crimson and Clover » qui accentue les qualités intemporelles de l’histoire (le film ne précise pas la période dans laquelle il se déroule) — Flic et Minna s’occupent à leur école en jouant au lacrosse, parcourant les vastes terrains de l’établissement avec une attitude de désinvolture moqueuse et en se chamaillant sur l’avenir, presque exclusivement entre elles. « Que se passera-t-il si nous ne sommes pas admises à Oxbridge ? », s’interroge Minna dès le début, tandis que les deux s’attaquent à leurs genoux perpétuellement écorchés. « Peut-être que nous mourrons simplement », propose Flic.
Et voilà — les enjeux semblent toujours aussi élevés durant la jeunesse, lorsque chaque petite victoire ou erreur est vécue comme une situation de vie ou de mort. Emportées par ces flots, les amusantes et succinctes Minna et Flic réalisent qu’il ne suffit pas d’aller dans une bonne école et d’obtenir de bonnes notes. Pour réellement s’épanouir dans le futur, elles doivent également devenir « du monde ». Et il est impossible d’être du monde sans se donner un petit avant-goût de Shakespeare, peu importe à quel point il peut être « nul », et tomber amoureuse. Enthousiastes à l’idée de leur plan, les deux passent une audition pour une prochaine production de « Le Songe d’une nuit d’été », tout en choisissant un projet scolaire improbable : tomber amoureuses de la première personne qu’elles croiseront.
La première partie du plan ne se déroule pas comme prévu lorsque les rôles sont annoncés, Minna décrochant celui de Titania, la Reine des Fées, tandis que Flic se voit attribuer le rôle d’un arbre insignifiant. Quant à la seconde partie, les filles s’intéressent à leur professeur de géographie, Mademoiselle Delavigne (une Alice Englert merveilleusement nerveuse). Elles empruntent des livres romantiques à la bibliothèque, étudient les subtilités de la cour et tentent de décrocher une invitation chez leur enseignante pour avancer leur plan. Cependant, lorsque les répétitions commencent sérieusement et que des garçons entrent dans l’orbite du duo lors de leurs aventures après l’école, leur existence déjà déséquilibrée et leur rivalité sournoise s’aggravent. Minna et Flic parviendront-elles à maintenir leur amitié face à ces défis ?
Explorant un cas enthousiaste de codépendance, puis plus tard, un exemple déchirant d’éloignement, un film comme celui-ci nécessite une alchimie parfaite entre les co-leads, un défi que Duggan et Clear relèvent avec aisance. Établissant une proximité rare, de celle où l’on finit les phrases de l’autre, le duo embrasse véritablement la sensation immersive d’être une moitié de cette amitié unique et irremplaçable des années adolescentes, qui ressemble souvent à un enchevêtrement romantique à enjeux élevés.
À travers ce film organisé comme une pièce de théâtre, Manners capte organiquement les rythmes des deux actrices avec un sens de l’humour britannique à la fois perspicace et espiègle. Son regard avisé est particulièrement poignant dans les scènes sans paroles où les deux filles expriment leur affection pour leur enseignante par des regards chargés de désir. (C’est aussi assez drôle lorsque Minna émet involontairement un son de « désir » en lisant sur l’amour, à la grande surprise de Flic.) Lorsqu’elles reçoivent enfin cette invitation tant attendue chez Mademoiselle Delavigne sous prétexte de rechercher les origines néo-zélandaises de leur enseignante, Manners suit le trio avec un sentiment d’émerveillement et de retenue, sans jamais sensationaliser l’événement choquant qui s’ensuit.
« Je suis stressée par tout et je ne sais même pas ce que c’est », déclare Flic au début de ce film infiniment citant qui semble devenir un classique des films de lycée. D’une certaine manière, ses mots résument également ce qui est si merveilleux dans l’esprit explorateur de « Géographie Extra », un film qui puise dans les réserves de tendresse inhérentes à l’angoisse et à l’incompréhension des jeunes filles avec une empathie bienveillante.
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Marc Lefebvre est un économiste et journaliste, expert en macroéconomie et marchés financiers mondiaux.