L’exposition du meurtre d’un activiste palestinien peut ne pas présenter un nouvel éclat, mais sa franchise a un but.
Un film d’une simplicité trompeuse, le documentaire d’investigation de Jason Osder et William Lafi Youmans, intitulé « Qui a tué Alex Odeh ? », lutte souvent contre son propre style direct, mais ce faisant, il incarne l’impuissance de ses sujets en deuil. Son sujet principal est l’assassinat en 1985 d’un activiste palestinien en Californie, dont les détails sont présentés à travers des archives visuelles. Cependant, des interviews contemporaines et des enquêtes révèlent des réponses surprenantes sur les responsables — non pas parce que leurs identités sont inconnues, mais parce que les détails sont visibles depuis des décennies.
Le concept même du film pose un défi, surtout à l’ère des documentaires criminels. Les suspects qui ont fait exploser le bureau d’Alex Odeh ont longtemps été identifiés par le FBI, et bien qu’un d’entre eux ait été emprisonné pour des crimes non liés, les deux autres vivent confortablement en Israël depuis de nombreuses années. Dans le film, cela est présenté à mi-chemin entre une grande révélation et une inévitabilité — il est difficile de déterminer l’intention — mais ce qui est surprenant, ce ne sont pas ces faits connus sur les présumés terroristes, mais plutôt la facilité avec laquelle le journaliste d’investigation israélien David Sheen suit ces pistes, que les autorités considèrent comme froides.
Populaire sur Revue Internationale
À l’aide d’archives anciennes et contemporaines, le film capture — souvent de manière directe — les perspectives de la veuve d’Odeh et de sa fille, au travers d’interviews qui nous mettent à jour sur divers détails. Ces segments d’interview n’explorent que rarement plus profondément la douleur des sujets ; une telle approche pourrait théoriquement être intrusive, mais c’est la nature du sujet choisi par les cinéastes. « Qui a tué Alex Odeh ? » est, ou devrait être, autant une question posée par son titre qu’une question secondaire, implicite, en dessous : « Qui était Alex Odeh ? » Cette interrogation est largement laissée aux extraits d’actualités des années 80 et 90, où les gens parlent de lui après sa mort — tant les partisans que les détracteurs. Cela oriente progressivement le récit vers les coupables potentiels, incarnés par la Ligue de Défense Juive (JDL), une organisation en Europe et en Amérique du Nord qualifiée de groupe terroriste d’extrême droite par le FBI. Cependant, le qui était Odeh en dehors de ces paramètres de sa mort reçoit peu d’attention, rendant difficile la compréhension de ce qui a été perdu.
L’enquête elle-même prend des tournures curieuses, avec des surprises qui portent moins sur les faits eux-mêmes que sur la facilité avec laquelle des informations nécessaires peuvent être trouvées en ligne — une simplicité d’accès qui s’applique également aux présumés coupables. Des journalistes, dont Sheen, sont vus concocter des plans secrets pour les rencontrer en personne, dont le succès ou l’échec devient brièvement un point d’intérêt intense. Alors que les réalisateurs brossent un portrait de la JDL et de son fondateur Meir Kahane, le film s’avère indéniablement informatif, avec suffisamment de déclarations violentes contre les Arabes, accompagnées de musique inquiétante, pour bien faire comprendre à quel point ces forces sont terrifiantes.
Cependant, ce qui n’est pas dit, même parmi les parties les plus surprenantes de la quête des journalistes — y compris des découvertes que la caméra capture en temps réel, sur les raisons pour lesquelles l’affaire a été abandonnée sans cérémonie — est le « pourquoi » de tout cela. Le film ne peut s’empêcher de laisser des questions persistantes sur son tableau général, c’est-à-dire l’entrelacement des politiques américaines et israéliennes, qui continue d’influencer les raisons pour lesquelles une affaire comme celle d’Odeh pourrait rester non résolue ou non poursuivie. En se concentrant de manière si précise sur la mort d’Odeh, il omet non seulement une grande partie de sa vie, mais aussi les répercussions mondiales plus inquiétantes de ce qui fait de ce sujet une question si vitale aujourd’hui.
D’une part, un regard politique plus large est quelque chose que chaque membre du public devrait apporter à un film par lui-même. D’autre part, « Qui a tué Alex Odeh ? » se retrouve parfois dans un terrain d’entente maladroit, oscillant entre l’exploration de l’universalité de cette histoire et la laissant à l’imagination. Dans l’ensemble, cependant, l’approche esthétique directe du film se trouve bouleversée par la nature même de l’histoire en question, où il s’avère, environ 30 minutes après le début, que son tournant majeur est le fait qu’il n’y en a pas. Cela en fait une anomalie particulièrement intrigante où l’absence de style — pour le meilleur ou pour le pire — semble ancrée dans une anti-mystère, où le manque d’options disponibles pour la justice finit par paralyser et vaincre. À la fin, son absence de catharsis est le véritable point.
Articles similaires
- Ken Jennings révèle : Alex Trebek déçu par le tumulte posthume des animateurs!
- Nétanyahou écarte la France d’un accord de cessez-le-feu au Liban : les raisons
- Gaza: Vers une privatisation de l’occupation israélienne, la recette d’un désastre?
- Israël-Hamas : Un Accord de Trêve, un Rêve Réalisé ?
- Cessez-le-feu imminent entre Israël et Hezbollah au Liban ?

Marc Lefebvre est un économiste et journaliste, expert en macroéconomie et marchés financiers mondiaux.