Critique de « Le Livre de Sijjin & Illiyyin » : Frissons garantis avec ce captivant film d’horreur indonésien !

Hadrah Daeng Ratu Remporte le Prix de la Meilleure Réalisatrice au Fantasia Fest

Hadrah Daeng Ratu, en collaboration avec la scénariste Lele Laila, a récemment été couronnée meilleure réalisatrice au Fantasia Fest pour leur dernier film. Cette œuvre, qui suit un schéma classique, raconte l’histoire d’un enfant maltraité qui se venge grâce à l’occultisme.

Il semble qu’à notre époque, une Cendrillon ne peut être poussée à bout que jusqu’à un certain point avant de faire appel à des forces obscures pour anéantir sa méchante belle-famille, un à un. C’est du moins le postulat de départ de « Le Livre de Sijjin & Illiyyin », officiellement une suite du film « Sijjin » de l’année dernière, réalisé par Hadrah Daeng Ratu et écrit par Lele Laila. Ce dernier film s’inspire du succès égyptien de 2014 « Siccin », qui a lui-même engendré sept suites. Toutefois, « Sijjin & Illiyyin » se présente comme une œuvre originale, ni un remake ni une suite directe des films mentionnés précédemment. Le film reprend des thèmes bien connus : de l’opprimé abusé qui se venge amèrement de ses persécuteurs à l’utilisation de divers éléments répugnants (insectes, sang, effets de surprise) pour parvenir à ses fins.

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Il est donc quelque peu surprenant que Ratu ait remporté le prix du meilleur réalisateur de cette année au Fantasia Festival pour un film qui déborde de clichés du cinéma d’horreur indonésien actuel, notamment une tendance à exagérer le niveau d’hystérie dès le début. Malgré ses limites, le film est bien réalisé et visuellement attrayant, ce qui devrait satisfaire les amateurs du genre tant locaux qu’internationaux.

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Un prologue présente une humble famille de village en détresse, dont la mère et le père meurent bientôt des suites d’une possession démoniaque apparente (dont les causes ne sont expliquées que bien plus tard). La mort du père, qui avait quitté une autre femme pour celle-ci, conduit sa fille Yuli (interprétée enfant par Firzanah Alya) dans le foyer peu accueillant d’une belle-mère furieuse, Ambar (Nai Djenar Maisa Ayu). Là, Yuli est traitée comme une servante et constamment rappelée de son statut de « bâtarde ». Vingt ans plus tard, lorsque la matriarche meurt, c’est Laras (Dinda Kanyadewi), tout aussi acerbe, qui prend les rênes. Bien que personne d’autre ne soit mal disposé envers « Tante Yuli » (Yunita Siregar), les autres ont trop peur de la méchanceté de la maîtresse pour protester contre l’humiliation constante de la jeune femme.

Poussée à bout, Yuli fait appel à un chaman local pour aider à maudire la famille avec de la magie noire. Ce processus désagréable implique de déterrer le corps encore frais d’Ambar, puis de le soumettre à diverses indignités macabres nuit après nuit alors que la vengeance s’abat sur les persécuteurs de notre héroïne. Elle n’épargne personne, y compris le petit-fils de la vieille dame (Sulthan Hamonangan), le gendre (Tarra Budiman) et un employé fidèle (Banon Gautama). La petite-fille adolescente Tika (Kawai Labiba), une musulmane dévouée, trouve un certain refuge dans sa foi, soutenue par les conseils du mollah de la mosquée locale (David Chalik). Mais cela ne l’empêche pas de subir de nombreuses terreurs, ni sa mère incrédule Laras de subir des épreuves encore pires.

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« Sijjin & Illiyyin » n’est jamais ennuyeux, mais il passe pratiquement de crise en crise, laissant peu de place pour l’atmosphère ou la profondeur psychologique. Le récit aurait bénéficié d’une évolution plus marquée du personnage de Yuli, plutôt que de la voir passer abruptement de la timide opprimée à l’instrument séduisant et souriant de vengeance mortelle. Les autres personnages de l’histoire restent unidimensionnels, bien que les acteurs fassent tous de leur mieux.

Le film suit un chemin déjà bien tracé avec un maquillage grotesque, des cascades et des effets spéciaux numériques. Comme dans la série apparemment interminable de films d’exorcisme à connotation chrétienne, la croyance religieuse semble ici être une excuse superficielle pour un éventail standard de tours surnaturels, malgré les nombreuses pauses du personnage de Chalik pour énoncer une doctrine curative.

Ce film est supérieur à la moyenne du genre, avec des valeurs de production admirables et une échelle de narration modeste. Les belles images en grand écran du cinéaste Hani Pradigya et le rythme soutenu du monteur Wawan I. Wibowo sont complétés par une bande sonore originale menaçante, quoique parfois un peu trop appuyée, d’Andre Harihandoyo et Rahadian Winursito.

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