Critique de ‘Think Good’ : Monia Chokri brille en épouse juive dans une relation toxique

La sélection de Géraldine Nakache à Cannes met en lumière la violence sourde et dissimulée qui s’installe entre partenaires, révélant comment celle-ci se manifeste dans les espaces privés de leur vie intime quotidienne.

Le cinéma franco-belge contemporain ne manque certainement pas de films traitant des relations toxiques et des violences domestiques, avec des œuvres récentes comme « Custody » de Xavier Legrand et « Just The Two of Us » de Valérie Donizelli parmi les meilleures. « Think Good », un drame captivant et tendu centré sur une femme qui tente de fuir un mari abusif et contrôlant, se distingue par les performances remarquables de Monia Chokri et Nils Schneider. Ce film, réalisé par Géraldine Nakache, est un exemple typique du genre. Cependant, il acquiert une dimension supplémentaire en se focalisant sur un couple juif orthodoxe moderne, avec des rituels et des règles religieuses influençant le drame et l’esthétique visuelle. Les distributeurs de festivals et de niche devraient se pencher sérieusement sur ce titre, qui sera présenté dans la section Cannes Premiere cette année, en dehors de la compétition.

Gil (Chokri), Parisienne et assistante caméra sur des tournages, rencontre Jacques (Nils Schneider), homme d’affaires, à Dubaï, où il la séduit avec un amour intense. Lorsque Gil découvre qu’elle est enceinte, elle envisage l’avortement, mais il réussit à la convaincre de l’épouser, bien qu’ils ne se connaissent que peu.

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Tous deux issus de la communauté juive, Gil apprécie sa foi sans pour autant s’adonner à des rituels ou à une observance publique stricte. En revanche, Jacques attache une grande importance à la rigueur des règles de sa religion. Dès le début, son côté pathologique se dévoile lorsqu’il conseille à Gil de ne pas parler de sa grossesse à leur rabbin (Daniel Cohen) ou à la responsable du mikvah, où elle doit se plonger avant leur mariage.

Filmée en Scope, avec des gros plans intimes sur le couple, l’œuvre permet au public de ressentir le même choc désagréable que Gil face au désir de contrôle et à la possessivité toxique de Jacques. Ce dernier rabaisse sans cesse ses désirs légitimes, comme celui de retourner au travail, prétendant que cela ferait d’elle une mauvaise épouse et une mauvaise mère. En cas de dispute, il l’accuse de créer du drame et d’être égoïste. Il refuse d’être en compagnie de ses amis ou de sa famille et désapprouve qu’elle passe du temps avec eux. Il lui pose sans cesse des questions suspicieuses sur son ex, sur ses activités et ses interlocuteurs. Parfois agressif, parfois passif-agressif, il fait peser une menace de violence physique dans l’air.

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Au fil des allers-retours dans le temps, le film révèle de plus en plus d’incidents troublants. L’un des plus difficiles à regarder, en raison de sa cruauté mentale, se déroule à l’hôpital après la naissance de leur fille Thais. Les parents de Gil, Annah (Clémentine Célarie) et Alain (Christian Benedetti), ainsi que ses amis Agnes (Mina Kavani) et Ibrahim (Oussama Kheddam), viennent lui rendre visite pour la féliciter. Jacques les empêche d’entrer dans la chambre, affirmant que Gil a besoin de repos. La détresse d’Annah devient si palpable qu’elle rend la situation insupportable pour les autres, au point qu’Ibrahim et Jacques en viennent presque aux mains.

Après la naissance de l’enfant, Jacques les déplace vers un endroit isolé à la campagne, rendant les déplacements difficiles pour Gil, qui ne conduit pas. Insatisfait d’un simple baby-phone dans la chambre de bébé, il en installe partout dans la maison. Lorsque Gil s’y oppose, consciente qu’il désire l’espionner, il la traite d’irraisonnable. Bien que la maison moderne, en bois et en verre, semble ouverte et confortable, elle se transforme pour Gil en une prison. Le directeur de la photographie, Sylvestre Vannorenberghe, renforce visuellement ses sentiments, notamment lorsqu’elle souhaite sortir, mais aperçoit Jacques se cachant sur leur balançoire comme une araignée géante.

Nakache, qui réalise ici son quatrième long métrage, a grandi dans une famille juive algérienne et fait de la religion de ses personnages un élément essentiel de l’intrigue. Dans un développement réconfortant qui apporte un moment de répit face à la tension entre le couple, une rencontre avec un rabbin empathique de Dubaï offre des conseils avisés à la malheureuse Gil.

Pour l’anecdote, Nakache est la sœur du réalisateur Olivier Nakache, qui a également un projet de long métrage pour 2026 (co-réalisé avec Eric Toledano) mettant en scène des personnages juifs intitulé « Just An Illusion ». Ce titre fait référence à un conseil peu utile de la mère de Gil, qui dit : « Si tu penses bien, de bonnes choses viendront. »

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