C’est une interprétation « romantique », dérivée, faisant des sauts dans le temps, différente mais pas vraiment nouvelle de la légende du vampire.
Depuis trop longtemps (on dirait que cela fait 1 000 ans), les films sur Dracula ont constitué une véritable industrie, une marque monstrueuse à part entière. À ce stade, c’est comme assister à la énième version d’un classique de Shakespeare ou d’une comédie musicale comme « Annie » — que reste-t-il à découvrir ? La saga de Dracula est devenue une rediffusion sans fin. Même si vous n’avez pas l’impression d’avoir déjà vécu un siècle de films sur Dracula, et que vous pensez que cette histoire a été exploitée jusqu’à la moelle, deux versions récentes, très élaborées et surproduites, ont vu le jour — « Renfield », où Nicolas Cage incarne Dracula (c’est le même rôle qu’il a joué depuis « Vampire’s Kiss » en 1989), et « Nosferatu » de Robert Eggers, dont le rapport entre la production visuellement impressionnante et le drame intéressant était d’environ sept à un. (Je pourrais dire quelque chose de similaire à propos de « Frankenstein » de Guillermo del Toro, mais c’est une autre histoire.)
Nous voilà donc de nouveau plongés dans le flot interminable de la mythologie cinématographique de Dracula, maintenant avec la vision impassible et dérivée de Luc Besson, qui fait des sauts dans le temps, une approche différente mais pas vraiment nouvelle de la légende des vampires. Le film, grande surprise, souhaite être plus « romantique » que horrifique (mon sarcasme provient du fait que cela constitue déjà une entière catégorie de films sur Dracula, remontant à la version de Frank Langella de 1979). Venez pour les crocs, restez pour les soupirs. Comme disaient les jeunes, BFD.
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Caleb Landry Jones, un acteur de talent, commence par jouer Dracula comme un descendant incroyablement fidèle de ce que Gary Oldman a réalisé durant les 45 premières minutes de « Bram Stoker’s Dracula ». Le maquillage est une copie flagrante : les cheveux blancs en chignon soigné (dans ce cas, avec deux longues mèches sur le côté), la peau de parchemin en décomposition, les dents fossilisées, le tout rehaussé par la délicatesse remarquable de la performance de Jones, notamment quand il déclare (à la manière d’Oldman), « Je suis Vlad, le deuxième prince de Volokia. Comte…Dragoool. » Le Dragoool de Jones évoque une fusion entre Oldman, la Momie de Karloff et le Cryptkeeper, avec des nuances de Klaus Kinski, Willem Dafoe, Heath Ledger et un poisson déformé.
Dracula reçoit Jonathan Harker (Ewens Abid) dans son château à flanc de colline (aussi grand que Notre-Dame) au pied des montagnes des Carpates en Roumanie. Mais nous le rencontrons alors qu’il est un jeune prince en 1480 en Europe de l’Est, entraîné dans une bataille, loin de sa bien-aimée, Elisabeta (Zoë Blue). Les deux sont d’abord vus en train de s’amuser sous les draps, mais elle est rapidement massacrée, ce qui lui cause un tel chagrin qu’il ne peut plus accepter la providence de Dieu. Il dit au prêtre : « Dis à Dieu que tant qu’il ne ramène pas ma femme, ma vie ne lui appartient plus. » S’ensuit un coup de tonnerre et une statue de Jésus pleurant une larme de sang.
La musique de Danny Elfman, qui rappelle le thème de valse de « Rosemary’s Baby », est plus atmosphérique que tout autre élément dans « Dracula », que Besson a mis en scène comme un réalisateur de clips musicaux fatigué par les coupes rapides. Une fois le film projeté à Paris à la fin des années 1800, Jones apparaît sous une version élégante de son moi princier. Mais ici, comme dans « Bram Stoker’s Dracula » (que j’ai toujours pensé qu’il aurait dû être intitulé « Bram Stoker’s Dracula de Francis Ford Coppola »), l’acteur principal est plus captivant en tant que Dracula ancien, éthéré et démoniaque qu’en tant que Lothario aux cheveux longs portant un haut-de-forme et parlant avec un accent transylvanien vague. « Bram Stoker’s Dracula » s’endormait pendant les sections plus contemporaines, et il en va de même pour « Dracula » de Besson, qui traite essentiellement du vampire essayant de séduire Mina, présentée comme la réincarnation d’Elisabeta (Zoë Bleu joue les deux rôles). Dracula : « Madame, c’est un honneur et un plaisir de vous revoir. » Mina : « Nous sommes-nous déjà rencontrés ? » Dracula : « Dans un rêve, peut-être. J’ai ce sentiment étrange que nous nous connaissons… depuis longtemps. » Le public : “Zzzzzz.“
Il ne s’agit pas de voir « Dracula » refait en tant que film romantique et sanglant pour la Saint-Valentin. Christoph Waltz est présent dans le rôle de Van Helsing, simplement connu sous le nom de le Prêtre, et il fait son numéro d’acteur avec une touche de subtilité. Il y a une séquence particulièrement sanglante, lorsque Maria (Matilda De Angelis), la première disciple de Dracula, se transforme en démon et est décapitée puis empalée. Le film revient enfin au château de Dracula, où quatre gargouilles de pierre prennent vie, et où se déroulent de mauvaises scènes de combat à l’épée, des tirs de canon peu convaincants, et une leçon théologique tirée d’un biscuit chinois par le Prêtre interprété par Waltz. À la fin du film, il déclare : « Le sort est brisé. » En regardant ce « Dracula », nous savons exactement ce qu’il veut dire.
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Marc Lefebvre est un économiste et journaliste, expert en macroéconomie et marchés financiers mondiaux.