David : Une animation séduisante mais une histoire classique dans un succès des fêtes

Dans l’adaptation sincère du Livre de Samuel par Angel Studios, les personnages manquent de profondeur comparé à la richesse de leurs vêtements.

Si vous ne connaissez de l’histoire du personnage biblique éponyme que le fait qu’il ait vaincu un géant imposant avec une simple fronde, alors “David” pourrait vous réserver quelques surprises — notamment le fait que le film se poursuit pendant une heure entière après ce fameux affrontement apparemment décisif. Cependant, les films d’Angel Studios ne s’adressent généralement pas à un public ayant une connaissance limitée de la Bible, et cette œuvre animée étonnamment soignée sera surtout appréciée par les spectateurs capables de prédire chaque tournure de l’intrigue. Ce public est d’ailleurs considérable : diffusé largement le week-end dernier, le film de Brent Dawes et Phil Cunningham a connu un franc succès au box-office, se plaçant en deuxième position derrière “Avatar: Fire and Ash” et surpassant le film d’animation en comparaison, “The SpongeBob Movie: Search for SquarePants.”

Ce résultat est parfaitement conforme à un récit qui prêche que l’on ne doit jamais sous-estimer les modestes et les pieux face aux riches et aux décadents. (Ou tout autre adjectif moral qui s’applique à SpongeBob.) Néanmoins, “David” doit son succès à des inspirations puisées dans les grands studios d’animation : on y trouve des échos de Disney et DreamWorks — notamment du film à succès basé sur la Bible, “The Prince of Egypt” — dans tout, du design des personnages à sa bande originale, ce qui en fait un divertissement familial efficace, mais qui semble un peu trop calibré pour être véritablement émouvant. La foi, “David” l’a en abondance ; l’âme, moins.

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Avec de grands yeux à la Pixar et une chevelure brune désordonnée, le jeune David (doublé par Brandon Engman) se présente comme un petit héros intrépide dans le moule traditionnel des héros de dessin animé. Il est introduit comme un musicien passionné et le fils d’un modeste berger, s’occupant de manière assidue des moutons de son père à la périphérie de Bethléem, avant de se lancer rapidement dans sa chanson “Je veux”, la première de plusieurs compositions entraînantes mais rapidement oubliables, signées par l’artiste chrétien primé aux Grammy, Jonas Myrin. Comme tout protagoniste adorable dans sa situation, il aspire à de plus grandes choses, bien qu’il obtienne plus que ce qu’il espérait lorsque, après avoir vaillamment protégé ses moutons d’un lion prédateur, il est convoqué devant le Prophète Samuel (Brian Stivale), qui consacre le jeune homme sans expression roi d’Israël.

Parallèlement, le roi actuel, Saul (Adam Michael Gold), qui est insecure et colérique, doit faire face au rejet de Dieu ainsi qu’à une déclaration de guerre du roi philistin Achish (le comédien britannique Asim Chaudhry, qui évoque un peu les stéréotypes de comédie désuète). C’est alors que David entre en scène, amené à la cour de Saul pour apaiser l’anxiété du roi grâce à son talent à jouer de la lyre, bien que le jeune garçon prouve rapidement qu’il est un atout militaire inattendu : vient alors le célèbre affrontement contre Goliath, qui est superbement mis en scène dans un vaste champ de coquelicots écarlates, les pétales s’envolant comme des confettis lorsque le monstre imposant s’effondre.

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Cette scène, qui se déroule environ 50 minutes après le début du film, représente le sommet narratif et esthétique d’un long-métrage qui, avec une durée de 110 minutes au rythme inégal, pourrait mettre à l’épreuve la patience des jeunes enfants. Tout ce qui se passe par la suite, alors que David grandit et devient un homme robuste et courageux (maintenant doublé par le chanteur chrétien Phil Wickham) et finit par défier Saul pour le trône qui lui revient de droit, est coché de manière assez banale. En s’appuyant sur leur mini-série de 2023 d’Angel Studios, “Young David”, Dawes et Cunningham restent fidèles au Livre de Samuel — ce n’est pas le genre d’histoire qui permet une grande liberté créative — tout en respectant également les règles familières de tout voyage de héros à Hollywood.

Tout cela ne serait pas un inconvénient si leur David avait un peu plus de personnalité, mais il reste un personnage désespérément ennuyeux pour le film, enfermé dans le ton généralement sérieux et déclamatoire de l’écriture. Les personnages secondaires manquent également d’esprit ou de détails, tandis que les performances vocales du film (à l’exception de la caricature étrange de Chaudhry) sont adéquates mais pas particulièrement marquantes. En conséquence, les visages à l’écran sont peut-être l’élément le moins caractérisé du design visuel généralement impressionnant du film.

Cependant, tout ce qui les entoure est réalisé de manière vivante, et parfois même inspirée. “David” est avant tout une vitrine spectaculaire des capacités techniques du studio d’animation sud-africain Sunrise Productions — démontrées ici tant à grande échelle, dans les paysages poussiéreux et ensoleillés de l’Israël ancien, qu’à petite échelle, dans les éclats souples de feu et d’eau. Un numéro musical, “Tapestry”, se distingue non pas par la chanson mais par son traitement visuel au sein d’un atelier de tissage animé, surplombé de ballots de laine teintée pastel. En effet, les textiles constituent peut-être la merveille la plus constante de “David”, car même le toile de jute couleur écrue du manteau du personnage titre est rendue avec une spécificité texturée et tactile. Se délecter des matériaux peut sembler quelque peu contraire aux principes du film, mais respecter les petites choses ne l’est pas.

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