Belén : Une Puissante Drame Juridique Féministe d’Argentine pour les Oscars

La réalisatrice Dolores Fonzi est également en tête d’affiche de cette histoire émouvante et sincère, qui relate une affaire marquante dans la lutte pour les droits à l’avortement en Argentine.

Un chapitre essentiel de l’histoire des femmes argentines est raconté de manière conventionnelle mais émotive dans « Belén », un second long-métrage à la fois soigné et authentique de l’actrice-réalisatrice Dolores Fonzi. Cette œuvre s’inspire d’une affaire judiciaire réelle qui a joué un rôle crucial dans la légalisation de l’avortement en Argentine en 2020. Le film de Fonzi parvient à intégrer des éléments factuels complexes et spécifiques à la nation dans un format de drame judiciaire qui plaît à un large public — d’une manière qui rappelle le film « Argentina, 1985 » de Santiago Mitre, qui a été nommé aux Oscars et qui partage un distributeur mondial avec « Belén » sur Amazon Prime Video. Ce dernier a également été choisi comme soumission de l’Argentine pour l’Oscar international ; qu’il soit nommé ou non, cela pourrait ouvrir la voie à des projets plus en vue pour sa réalisatrice, attentive au public.

Fonzi se réserve le rôle principal de Soledad Deza, une avocate militante qui s’engage dans des affaires pro bono pour les victimes et les personnes désavantagées — un travail exigeant et souvent peu reconnu qu’elle tente de concilier avec son rôle de femme et de mère dévouée. Cependant, c’est Camila Pláate qui porte le poids dramatique du film en incarnant Julieta, la cliente gravement maltraitée (surnommée Belén pour protéger son identité lorsque son affaire devient une cause célèbre), qui en 2014, est accusée de meurtre et emprisonnée après avoir subi une fausse couche douloureuse dans un hôpital régional.

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Cet incident est décrit dans un prologue urgent et oppressant, où la caméra nerveuse de Javier Juliá et le montage agité d’Andrés Pepe Estrada illustrent la désorientation de la jeune femme alors qu’elle est admise à l’hôpital avec de fortes douleurs abdominales, perdant progressivement le contrôle — d’abord de son corps, puis de ses droits. Ses supplications, affirmant qu’elle ne savait même pas qu’elle était enceinte et qu’elle n’avait aucune intention d’interrompre sa grossesse, sont ignorées lorsque des policiers envahissent la scène, bafouant l’autorité du personnel médical et menottant Julieta alors qu’elle est encore sur la table d’opération. Il s’agit d’une séquence nécessairement difficile à regarder, interprétée avec une intensité émotionnelle fiévreuse par la remarquable Pláate — lauréate du prix de la meilleure interprétation dans un rôle secondaire à San Sebastián, où le film a eu sa première internationale.

Rien de ce qui suit dans « Belén » n’est aussi éprouvant que cette ouverture, le film passant à un registre procédural plus prévisible. À partir de là, l’accent est mis sur Deza, qui reprend l’affaire de Beatriz (Julieta Cardinali, qui joue le rôle d’une avocate publique indifférente, allant jusqu’à porter une perruque mal ajustée), dont la négligence conduit effectivement l’innocente Julieta à une peine de prison de huit ans. Dès le départ, Deza identifie plusieurs lacunes et incohérences dans le dossier de l’accusation contre sa cliente, ainsi que des preuves d’une conspiration systémique à son encontre.

En les examinant avec l’aide indéfectible de sa collègue et meilleure amie Barbara (Laura Paredes, également co-scénariste avec Fonzi), il est relativement facile pour Deza de construire un appel convaincant. En revanche, elle doit faire face à des réactions négatives pour avoir plaidé en faveur d’une position impopulaire dans un débat public délicat sur l’avortement — les pouvoirs patriarcaux de la loi et des médias s’opposent à elle, tandis qu’elle et sa famille reçoivent des menaces alarmantes de la part de fondamentalistes religieux. Alors qu’elle et la cause affrontent cette opposition et gagnent en visibilité, devenant Belén un symbole national des droits reproductifs, le film de Fonzi retrace un arc satisfaisant et inspirant de femmes luttant contre le système.

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Dans cette évolution, la perspective de Julieta elle-même est quelque peu négligée. Le film alterne parfois avec des scènes la montrant languissante et inquiète en prison, tandis que d’autres manifestent dans les rues en son nom. La performance de Pláate, avec ses yeux écarquillés et son intensité émotionnelle, illustre avec éloquence le désespoir d’une jeune femme perdant ses plus belles années à cause de la corruption institutionnelle. Néanmoins, on aurait souhaité que le scénario accorde un peu plus d’accès à la vie intérieure de la victime : nous sommes largement laissés à imaginer ses craintes pour un avenir incertain, son chagrin pour un enfant non né de ce monde et ses réflexions sur son statut de figure symbolique dans le monde extérieur, en portant le nom d’une autre femme. « Belén » peut ne jamais retrouver la rage et la terreur vives de ses premières minutes, mais le film de Fonzi parvient néanmoins à porter les spectateurs sur une vague de fierté et de conviction, offrant finalement l’espoir qu’il promet.

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