Transcendant les Dimensions : Quand l’Espace Intérieur Rencontre l’Espace Cosmique!

Le dernier film de Toshiaki Toyoda, une énigme captivante

Le réalisateur japonais rebelle Toshiaki Toyoda, dans ce qui pourrait être son dernier long métrage, nous offre une œuvre à la fois énigmatique, imaginative et difficile à classer. L’œuvre, titrée « Dimensions Transcendantes », se déroule comme une quête spirituelle mêlée à une farce absurde et un concept indéfinissable.

La route vers l’illumination dans « Dimensions Transcendantes » est parsemée d’embûches, ressemblant à un labyrinthe truffé de pièges. Toyoda y rassemble des thèmes et motifs récurrents de ses œuvres antérieures, mais de manière qui s’apparente davantage à un cours avancé qu’à une simple introduction à son univers. Même ses fans les plus fidèles pourraient parfois trouver à redire sur ce film qui navigue entre l’absurde, le philosophique, le violent, l’erratique, le satirique et le déroutant.

Malgré tout, l’imprévisibilité et l’attrait esthétique de la vision de Toyoda continuent d’avoir un effet stimulant. Le but précis du film peut rester nébuleux, mais le voyage pour y parvenir est une excursion cosmique ludique qui justifie le slogan ambitieux « Entrez dans le portail de l’univers ». Toutefois, gare à ceux qui s’attendent à une catégorisation simple comme « science-fiction », bien que ce soit également sous cette étiquette que le film est promu.

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L’ouverture trompeusement paisible du film montre un moine méditant dans une grotte, découvrant ensuite un mystérieux coquillage dans un bassin sous une cascade. Il n’y a pas de dialogue pendant presque 10 minutes, jusqu’à ce que le maître Hanzo (Chihara Jr.) invoque « le pouvoir du loup » lors d’un rituel devant de nombreux spectateurs inclinés. Beaucoup cherchent sa sagesse, mais elle a un prix élevé : ce gourou blond et souriant exige un doigt coupé en échange de ses aperçus plutôt sévères. Un spectateur sceptique qui part dégoûté subit un accident en partant, présumément causé par les pouvoirs psychiques du maître capricieux.

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Un autre personnage, le tueur à gages Shinno (Ryuhei Matsuda), est envoyé dans ce retraite isolée à la demande de sa cliente Nonoka (Haruka Imou), pour découvrir ce qui est arrivé à son petit ami. Rosuke (Yosuke Kubozuka) a disparu alors qu’il « s’entraînait » avec Hanzo, qu’elle qualifie de « vermine… intoxiquée par les poisons du monde ». Se plaignant que le guide spirituel malveillant l’a également rendue folle, elle demande à Shinno de le tuer avant de prendre elle-même une mesure drastique pour quitter ce plan terrestre.

Cette intrigue relativement simple n’est que le point de départ pour une folie narrative qui commence vers la 40e minute, lorsque les crédits d’ouverture arrivent tardivement et que nous sommes plongés dans une psychédélie à la « 2001 ». Les niveaux de réalité intérieure et extérieure explorés incluent le voyage spatial, une chambre de miroirs aux facettes diamantées, un centre de recherche pour des expérimentations obscures sur des sujets humains et plus encore, avec le coquillage susmentionné soufflé à plusieurs reprises pour invoquer une « lumière de vérité ». Mais la vérité est ici très subjective, changeante d’un moment à l’autre, jamais fixe. Bien que des concepts tels que « âme », « intuition » et « transcendance » soient pris au sérieux par les personnages, le film offre aux spectateurs non pas un pèlerinage mais une expérience espiègle qui déroute l’esprit.

Bien que ses idées audiovisuelles inventives soient plus modestes en échelle, « Dimensions » pourrait être décrit comme « La Montagne Sacrée » rencontre « The Matrix » – une quête multicouche pour un sens existentiel que l’humour pince-sans-rire de Toyoda transforme en une sorte de farce continue. Il y a des moments d’ennui, aux côtés de moments déroutants. Mais surtout, l’effet est celui d’un plaisir idiosyncratique.

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Ceux qui ont suivi la carrière du réalisateur reconnaîtront des éléments repris de ses efforts précédents, surtout que ce film est censé culminer une série « Mt. Resurrection Wolf » commencée avec le court métrage « Wolf’s Calling » en 2019. Les éléments de culte religieux et de criminalité remontent encore plus loin dans sa filmographie, jusqu’à des films comme « I’m Flash! », « Nine Souls » et « Monsters Club ». Toyoda se plaît à soulever des questions pour provoquer, non pour résoudre. Ceux qui ne sont pas prêts à accepter un degré considérable de confusion en cours de route feraient mieux de passer leur chemin.

Les acteurs semblent tous parfaitement en phase avec cette fréquence glissante, tandis que les contributeurs à la conception — notamment le directeur de la photographie Kenji Maki, le directeur artistique Takashi Sasaki, le créateur de costumes Kazuhiro Sawataishi et le chef des effets visuels Nobutaka Douki — réalisent un travail exemplaire. Les aspects sonores sont tout aussi créativement accomplis, avec une emphase particulière sur la troupe de tambours taiko Kodo et le groupe de jazz britannique qui défie les genres, Sons of Kemet.

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