Soutenu par le studio Angel Studios, qui a des racines religieuses, le drame de la Seconde Guerre mondiale réalisé par Matthew Whitaker tente de tisser une narration épique, mais se retrouve à jouer principalement sur des notes familières.
Basé sur une histoire vraie de résistance allemande au Troisième Reich durant la Seconde Guerre mondiale, « Vérité et Trahison » suit un schéma conventionnel. Tous les éléments typiques d’un film historique racontant une histoire épique sont présents : le héros intègre, le méchant tourmenté, la violence systémique. On y trouve des discours enflammés, des scènes de poursuite et des moments de tension. Cependant, le film de Matthew Whitaker ne surprend à aucun moment de son déroulement, échouant à apporter une touche artistique singulière. Bien qu’il narre une histoire captivante, il ressemble à tant d’autres films sur cette période sombre de l’histoire européenne relativement récente.
Helmuth Hübener (Ewan Horrocks) est un jeune homme de 17 ans, religieux, menant une vie ordinaire avec sa famille à Hambourg — aussi ordinaire que possible durant cette période troublée. Il va à l’école, joue avec ses amis et décroche même un emploi dans un bureau gouvernemental local. Puis, il commence à remettre en question ce qui se passe autour de lui. L’évêque de son église commence à prêter allégeance à Adolf Hitler avant ses sermons. Son église mormone, qui se veut inclusive, interdit l’entrée aux Juifs. Un jour, il découvre que l’un de ses plus proches amis, Solomon Schwarz (Nye Occomore), a été enlevé par l’État en raison de sa confession juive. Lorsque son frère aîné ramène à la maison une radio qui capte des stations extérieures à l’Allemagne, notamment la BBC, il commence à réaliser que ce qu’on lui dit n’est que mensonges et propagande.
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En tant que jeune homme studieux et intelligent, Hübener a un talent pour l’oratoire et l’écriture, influencé par son amour de la lecture. Il utilise ces compétences, ainsi que ce qu’il apprend en écoutant les nouvelles à la radio, pour rédiger des tracts sur la vérité concernant la guerre. Il entraîne deux de ses amis, Karl-Heinz Schnibbe (Ferdinand McKay) et Rudi Wobbe (Daf Thomas), pour les distribuer à travers Hambourg. Ces premières scènes sont empreintes d’une énergie propulsive. Whitaker, travaillant à partir d’un scénario qu’il a coécrit avec Ethan Vincent, parvient à créer des moments chargés de tension. Ce qui arrive à Schwarz n’est pas montré de manière explicite. Le public n’est témoin que de sa peur dans les instants qui précèdent son enlèvement — et de la découverte dévastatrice d’Hübener par la suite — bien qu’il y ait de la violence, avec de nombreuses bagarres et des passages à tabac entraînant des visages ensanglantés alors qu’Hübener fait face à la colère des sympathisants nazis dans sa communauté, y compris celle de son propre beau-père (Sean Mahon).
Fidèle aux faits, le courageux adolescent finit par être capturé par la Gestapo. La seconde moitié du film se transforme en un récit morose d’interrogatoire et de torture. Rupert Evans, dans le rôle de l’enquêteur, occupe une place plus importante dans l’intrigue. Au début, il ne peut pas croire que ce jeune homme agisse seul, mais à mesure qu’il apprend à le connaître, un sentiment d’admiration s’installe. Cette partie du film est beaucoup plus évidente et moins dynamique que la précédente. Néanmoins, Horrocks et Evans s’accordent bien, explorant la relation entre le captif et le gardien.
Malgré ces éléments majoritairement convaincants, « Vérité et Trahison » se présente finalement comme une œuvre d’époque à l’ancienne avec des aspirations épiques. Les personnages et la narration sont accompagnés d’une musique expansive et intrusive qui s’efforce de dicter au public exactement comment ressentir chaque instant de l’histoire. Les acteurs parlent avec des accents anglais abrupts qui semblent détonner dans le contexte allemand. Le scénario ne permet pas d’apporter de nuances aux personnages, à l’exception de celui d’Evans : ils sont dépeints soit comme bienveillants et soutenant Hübener, soit comme des fascistes odieux désireux de l’attraper.
« Vérité et Trahison » est un film bien intentionné, réalisé de manière compétente, qui ne parvient jamais à transcender la sécurité de ses propres conventions. Whitaker propose une œuvre sincère, pleine d’admiration pour le courage et l’idéalisme de Hübener. Cependant, la sincérité ne peut pas compenser une narration stéréotypée. Il s’agit d’une tentative assidue de recréer la vie d’un homme noble, mais qui n’offre guère à son public en termes d’art ou de divertissement.
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Marc Lefebvre est un économiste et journaliste, expert en macroéconomie et marchés financiers mondiaux.