Mutinerie : Jason Statham sur un cargo dans un thriller haletant et sanglant

Pour venger le meurtre de son patron, un magnat de l’expédition, le garde du corps impitoyable de Statham transforme les combats en face à face en exécutions joyeuses.

Dès le début des années 90, il était évident que “Die Hard” représentait le thriller le plus emblématique de son époque, imité par des dizaines de films qui préservaient l’esprit tout en changeant de décor. Ainsi, nous avons eu “Die Hard dans un avion” (“Passenger 57,” “Air Force One”), “Die Hard dans un bus” (“Speed”), “Die Hard dans un train” (“Under Siege 2: Dark Territory”), “Die Hard à la Maison Blanche” (“Olympus Has Fallen”), et celui qui a finalement épuisé le concept — “Die Hard sur un bateau,” qui a bien servi le premier “Under Siege” mais a bloqué l’exagéré et trop lent “Speed 2: Cruise Control.”

Cependant, “Mutiny,” un thriller de vengeance se déroulant à bord d’un immense cargo, prouve qu’il y a de la vie dans le concept de “Die Hard sur un bateau.” Le film évoque également Bruce Willis sous d’autres angles, car son protagoniste, Jason Statham, possède un crâne chauve viril et élimine ses ennemis avec une brutalité insouciante qui rappelle Willis à son meilleur.

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Des Sly et Arnold à “John Wick,” les scènes de combat en face à face au cinéma ont tendance à se réjouir de leur chorégraphie de duel à mort, plus elles sont élaborées, mieux c’est. “Mutiny” se distingue. Les meurtres se produisent aussi rapidement que Cole Reed (Statham), un ancien policier londonien devenu garde du corps, peut les orchestrer pour venger le meurtre de son patron thaïlandais à Bangkok.

Avec un sens du timing redoutable, il écrase des têtes et casse des bras, utilisant tous les outils tranchants à sa disposition, à un moment donné déchirant la joue d’un adversaire avec le crochet d’une serrure ouverte ; quelques instants plus tard, quand il enfonce un poignard plus profondément dans cette même blessure, c’est l’essence même de l’efficacité. Cole, qui doit naviguer parmi 20 membres d’équipage sauvages, tous devant être éliminés, ne gaspille aucun mouvement homicide. Pourtant, tout semble brutalement spontané. À un moment, il frappe le malfrat qu’il tient, fait une pause pour mitrailler un autre, assomme le premier gars, puis abat deux autres, le tout en l’espace de neuf secondes. Avec Statham à l’œuvre, on devrait l’appeler “Die Easy.”

Dans la première demi-heure du film, qui se déroule dans les luxueuses sphères d’acier et de marbre de Bangkok, Tibu Campallo (Ramon Tikaram), le patron thaïlandais, mondain mais maintenant en retraite, avec qui Cole s’est rapproché (les deux adorent jouer aux échecs), célèbre la vente de son entreprise, bien qu’un traître en interne ait d’autres plans. Alors que Cole ramène Tibu d’une fête de passation de pouvoir, les deux sont attaqués, et Tibu est tué. La police est complice ; c’est une conspiration majeure. (Le fils ingénu de Tibu, joué par Chaneil Kular, est-il également impliqué ? Le film garde le suspense.) Cole réussit à se faufiler à bord de l’Artemis, le cargo sur lequel l’un des conspirateurs s’apprête à s’échapper, et c’est là qu’il découvre une conspiration encore plus sombre, sous la forme d’un conteneur de fret rempli de passagers humains désespérés en provenance de Thaïlande, dont la plupart sont des enfants.

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Cela ressemble à un scénario d’Angel Studios, mais d’une certaine manière, cela enrichit l’intrigue de vengeance. Cole ne se contente pas de se venger — il sauve le monde d’un mal très pernicieux. Son alliée est Angie (Annabelle Wallis), la troisième officière du navire, qui est une innocente prise dans cette tourmente. Son antagoniste est Marko, le capitaine du navire, un briseur de milieu d’âge européen amusant, joué par l’acteur danois Roland Møller, avec des tatouages et une élégante barbe, dont l’accent rappelle un peu Arnold et un peu ce que Matthias Schoenaerts deviendra dans 15 ans. Il n’est pas Alan Rickman, mais il fera l’affaire.

“Mutiny” a été réalisé par Jean-François Richet, qui a réalisé le film plutôt bon avec Gerard Butler, “Plane”, et ici, encore une fois, il montre un flair pour mettre en scène une violence misanthropique extrême avec une touche humaine. Richet transforme le navire en un personnage captivant, avec ses tuyaux, passerelles, tunnels et tubes, dont certains deviennent des armes. Statham est l’un des producteurs du film, et on sent qu’il veut que l’on ressente chaque membre brisé et chaque balle tirée dans le visage. Les membres de l’équipage sont suffisamment anonymes, mais chaque meurtre est mis en scène comme une exécution instantanée. Ce n’est pas que la violence soit choquante — c’est que Jason Statham la veut. (C’est un véritable acteur d’action.) Lors de la projection à laquelle j’ai assisté, des personnes près de moi riaient pendant les meurtres, ce que je fais presque jamais, mais au climax, lorsque Cole a saisi un harpon et l’a utilisé, j’ai dû céder et rire moi-même. Tout est dans le timing — le rythme du meurtre vengeur est parfait, car il est réalisé par tous les moyens nécessaires. Jason Statham maintient ce rêve en vie.

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